samedi 1 mars 2008
note de lecture: Csoma de Körös, le fabuleux destin du premier occidental à séjourner au Zanskar
Sylvain Jouty, éd. Fayard, 2007, 338 pages, photos.
C'est l'histoire véridique d'un personnage extraordinaire, au destin ironique et à la gloire involontaire. Originaire de Transylvanie, entièrement dévoué - pour ne pas dire obnubilé - par la mission qu'il se donne de retrouver l'origine de sa langue, le hongrois, Csoma de Chörös, mourra au Sikkim 23 ans après avoir quitté son pays. Il n'aura pas pu atteindre Yarkand ou le Grand Tibet, ni percer le mystère de sa langue. Mais il aura été l'auteur européen d'une oeuvre monumentale aux sources de la tibétologie (dictionnaire, grammaire, traductions de textes fondamentaux, etc).
La première partie du livre nous fait découvrir la naissance de sa vocation, dès son enfance, et comment il devient linguiste érudit tout en développant son originalité. Déguisé en Arménien sans le sou (ce qu'il est réellement) il part ensuite en spartiate clandestin sur les routes de Perse puis d'Asie centrale pour trouver le pays des Huns. "Sandor" nous fait alors découvrir une route de la soie très féquentée par marchands et pélerins d'Asie, mais hermétiquement fermée aux Européens. A Boukhara, dans l'impossibilité de poursuivre son périple à l'est (il vise Yarkand) il est contraint de viser le sud, l'Afghanistan puis le Penjab, encore empire indépendant. Il y croise le destin également improbable de deux officiers, français et italien, qui se mettront au service du Maharadja Ranjit Singh, alors autorité éclairée du Penjab et du Cachemire où il se dirige. Il est alors le 3e occidental connu - en 3 siècles - à pénétrer dans cette région régulièrement conquise et reconquise par les puissances voisines (Afghans, Moghols de Dehli, Penjab), et pourtant déjà rendue célèbre en Europe par les préromantiques. Il est intéressant de noter que le Ladakh, dont les royaumes sont également convoités par différentes puissances voisines, est alors tributaire du Cachemire. Acquérant toujours plus de connaissances linguistiques "Sandor" veut remonter de Srinagar vers sa quête en passant par Leh et de là, droit au nord, par le col du Karakorum (une branche alors importante et très surveillée de la route de la soie).
Le Ladakh orientera son destin différemment. "Sandor" y rencontrera William Moorcroft, superintendant de la Compagnie des Indes, institution encore strictement privée de développement des intérêts du commerce anglais dans le subcontinent. Moorcroft cherche à se rendre en Asie centrale pour y trouver une nouvelle source d'approvisionnement en chevaux, nécessaires au développement de la puissance de la Compagnie dans les Indes. L'auteur consacre deux ou trois chapitres passionnants à ce vétérinaire Moorcroft, premier Anglais à pénétrer au Ladakh avec toute sa caravane d'explorateur, arrivant après moultes péripéties le 24 septembre 1820 à Leh. Le destin des ces 2 hommes exceptionnels se croise là, à l'orée du "Grand Jeu" pour le contrôle des routes et richesses de l'Asie centrale auquel se livreront les grandes puissances (Russie, Chine et Angleterre) et les multiples Etats féodaux concernés. C'est dans ce contexte que la piste du Karakorom leur sera définitivement fermée.
"Sandor" contraint de se tourner à nouveau vers le sud sera le premier Occidental à pénétrer au Zanskar, en juin 1823. C'est en effet là, à Zangla, qu'il sera chargé par Moorcroft d'établir, toujours clandestinement, un dictionnaire tibétain. Il y passera un premier hiver dans une cellule sans chauffage, à travailler avec un moine, avant de découvrir les richesses de la littérature tibétaine à Pukthal et autres monastères.
On le suivra encore à Simla et dans le Spitul où il poursuivra son oeuvre avant de descendre à Dehli et Calcutta où finalement son travail sera consacré par l'Asiatic Society. Le tourment de cet homme fabuleux ne sera pourtant pas terminé car sa mission initiale, la découverte des origines de sa propre langue, le hongrois, toujours pas achevée...
Voyageur extraordinaire "Sandor" Csoma de Chörös n'a rien d'un explorateur car rien d'autre que sa quête (et, par là la découverte de toutes les langues) ne semble le toucher, voire l'intéresser (à Zangla où il vit plusieurs mois c'est à peine si il se rend au village)... Son destin n'en est pas moins fascinant, au contraire et, dans son livre, Jouty sait mettre en valeur ce parcours singulier pour nous conduire à travers une multitude de civilisations, religions et paysages à la rencontre d'autres individus d'exception et de cette période fascinante et complexe de l'histoire de la maîtrise de l'Asie centrale et de l'Himalaya. Ce dernier élément m'a incité à reprendre Kim, ce beau roman de Kipling, mais c'est une autre histoire...
François
lundi 25 février 2008
compenser le CO2
http://www.rsr.ch/la-1ere/on-en-parle/selectedDate/8/2/2008#vendredi
vendredi 22 février 2008
INDE • Ces pauvres chèvres à poil dans la neige
Tsering Dorjay aurait difficilement pu être plus grave. Nous parlant depuis Leh, une des villes les plus reculées de l'Inde, ce conseiller municipal va droit au but malgré la friture qui encombre la ligne. "Nous sommes face à un grave problème. Nous avons eu des chutes de neige sans précédent, et les routes qui mènent à la région où se trouve l'essentiel du cheptel sont bloquées, il n'y a aucun accès, explique-t-il. Ça va être très difficile de leur faire parvenir de l'aide."
Aussi peu probable que cela ait pu sembler, Dorjay confirmait ainsi les informations selon lesquelles les chèvres sauvages de l'Himalaya – qui vivent dans la région de Changtang et sont connues dans le monde entier pour fournir la laine utilisée dans les châles en cachemire, ou pashminas – étaient décimées par le froid.
La toison épaisse de ces animaux rares, déjà fragilisée par le manque de nourriture, n'a apparemment pas suffi à les protéger de l'emprise d'un hiver inhabituellement long et rigoureux. Les plus jeunes des caprins sont déjà morts en grand nombre, affirme Dorjay, et l'on craint pour la vie de quelque 150 000 autres chèvres dans les régions isolées par la neige.
Les chèvres du Changtang et les châles que l'on tisse à partir de leur laine se trouvent dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire, situé au cœur de la chaîne de l'Himalaya, sur un plateau en haute altitude dans la région la plus septentrionale de l'Inde. Au nord et à l'ouest se dressent les montagnes du Pakistan, à l'est s'étendent la Chine et le Tibet.
Une grande partie de la région du Ladakh, dans le Jammu-et-Cachemire, où la plupart des chèvres sont élevées, est rude, aride et inaccessible, à une altitude de plus de 3 000 mètres. D'ailleurs, sept ou huit mois par an, Leh, la capitale du Ladakh, est coupée du monde extérieur, sauf pour ceux qui s'y rendent en avion. La température passe de -5 à -35 °C en hiver, pour des maximales de 30 °C en été. Durant quelques mois en été, les neiges fondent et Leh est alors reliée à la station de Manali, dans les contreforts de l'Himalaya, par une route qu'on ne peut emprunter que si l'on a le cœur bien accroché, et qui mène ensuite vers New Delhi.
C'est dans ce paysage imposant que les Drokbas, peuple nomade qui vit de l'élevage des chèvres du Changtang, récupèrent la précieuse laine utilisée pour tisser les châles et les couvertures si prisés. Pour eux, la vie n'a jamais été facile, mais cet hiver les confronte à des problèmes sans précédent.
L'est de la région de Changtang – qui a donné son nom aux chèvres – est généralement considéré comme un désert aride. Il se trouve à plus de 4 700 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les pluies y sont rares, et les agriculteurs sont contraints d'inventer des méthodes d'irrigation novatrices pour récolter de l'orge ou des pois. Mais, cet hiver, le désert du Changtang a disparu sous 60 centimètres de neige – l'enneigement le plus important en trente ans et bien plus que ne l'auraient souhaité les paysans pourtant toujours en quête d'eau.
Ces chutes de neige inattendues ont eu deux conséquences. D'une part, elles ont recouvert les plantes dont se nourrissent les chèvres. D'autre part, elles ont coupé les routes menant à la région. Depuis, les autorités se démènent pour distribuer de la nourriture en urgence aux animaux. Les quelques réserves dont disposaient les éleveurs sont déjà presque épuisées.
"Nous envoyons du fourrage par la route, mais il y a des endroits qu'on ne peut pas atteindre", poursuit Tsering Dorjay, chef du Conseil de développement autonome des hauteurs du Ladakh. "Nous ne savons pas combien d'animaux sont déjà morts – il est très difficile d'obtenir des informations complètes de ces régions –, mais nous avons entendu dire que beaucoup de jeunes étaient morts."
Repères
• Le mot pashmina vient du persan pashm, ou laine, et désigne les poils les plus fins des chèvres, en particulier de celles qui vivent en haute altitude. La laine de leur ventre et de leur cou est remarquablement fine. Elle est prélevée par les bergers drokbas à la fin du printemps, à l'aide de peignes ou par la tonte.
• Il est difficile de déterminer avec précision quand les habitants du Ladakh ont commencé à tisser les châles en cachemire (pashminas) d'une légèreté de plume, explique The Independent. Mais des peintures sur les murs du monastère d'Alchi, datant du XIe siècle, à l'ouest de Leh, montrent clairement des gens portant de superbes châles brodés. A en croire une histoire des châles écrite par un négociant de Delhi, ils étaient réservés, à cette époque, aux familles royales cachemiries et du Ladakh. Par ailleurs, le Rajatarangini, une histoire du Cachemire écrite en sanskrit au XIIe siècle, mentionnait les châles et la laine servant à les confectionner.
Andrew Buncombe
The Independent

Apprendre le tibétain
Salut les djeûns!
Avec Sophie l'autre jour nous avons cherché quelques pistes pour au moins se familiariser avec le tibétain (proche du ladakhi mais plus facile à trouver!).
Depuis j'en ai parlé avec un ami (un autre François) qui suit un enseignement bouddhiste au centre karma Ling en France. Le centre est relié à une université (Rimay) et sur leur site il y a un cours de tibétain en ligne. Voici le lien:
http://www.rimay.net/spip.php?page=tibetain_accueil
Pour approfondir encore ils proposent aussi des cours par correspondance... François (le "mien") cherche encore pour nous des pistes en Suisse. Vous tiens au courant.
Sophie tu vas nous initier un peu en attendant!? As-tu trouvé d'autres choses de ton côté?
J'espère que vous allez bien sinon!
Bravo pour les examens (je crois que tout le monde est content... j'espère!)
A bientôt, des bises à tous
Estelle
13 février 2008 18:27
mercredi 20 février 2008
notion et/ou musique de la langue tibétaine
En fouillant ce site, on peut aussi écouter de petits textes, mais c'est plus difficile de les assimiler ;-)
Essayez et... régalez-vous !