mardi 5 août 2008

Premier trek: Padum - Zangla

Salut chers lecteurs!
Comme prevu, voici quelques details de nos aventures zanskaris. Nos visites de divers monasteres au depart de Padum etaient tres interessantes, moi-meme j'ai beaucoup appris sur le bouddhisme. Ces visites a "basse altitude" (3600m) nous ont aussi permis de nous acclimater. Acclimatation autant a l'altitude, qu'a l'alimentation et a la chaleur. Cette acclimatation a ete bien utile et l'ambiance dans le groupe s'est progressivement et agreablement detendue.


Enfin le depart du premier trek tant attendu, en tout cas pour moi :-) 13 chevaux et trois horsemen s'occupent de porter le gros de nos bagages et le materiel commun, de faire la cuisine et de nous guider au cas ou. La petite routine de trek s'installe rapidement, et on s'y habitue des la premiere etape: Padum - Reru. Le matin, lever vers 6h30, rangement et pliage des tentes. Nos horsemen nous servent le the et des chapatis (galettes de farine de ble), une fois accompagne de porridge, une autre fois de zampa, farine d'orge grille qu'on melange au chai, le the au lait pour en faire une sorte de bouillie. Le matin on essaye de partir tot, pour eviter les grosses chaleurs. Le pic-nic de midi est parfois accompagne d'une sieste, parfois d'une breve baignade dans la riviere opaque de limons. L'eau est bien froide, mais qu'est-ce que ca fait du bien! On en sort les cheveux crepus plein de sable.

Les passages dans les villages se succedent, on a quelques apercus de la vie locale, tres rudimentaire. Mais les gens sont tellement souriants, toujours accueillants et meme de loin ils se levent de leur travail dans les champs pour nous saluer. On a vu une femme moudre le hu (grain d'orge grille pour faire la zampa). A cote des villages se trouve parfois un monastere perche dans les rochers, comme celui de Phuktal, un des plus grands, connu et recule du Zanskar. Magnifique batisse blanche accrochee dans la falaise, abritee partiellement par un large surplomb, une grotte au-dessus. Notre chemin, et le seul passage possible, passe a travers ce labyrinthe de couloirs et d'escaliers. On a rendez-vous avec nos horsemen, car il faut decharger les chevaux, qui prennent ce meme chemin. Des chevaux qui montent les escaliers et passent les couloirs etroits et noirs du monastere, impressionant!


Nos visites des monasteres nous permettent aussi de participer a la Puja, la ceremonie rituelle des moines tibetains, lors de laquelle on nous sert le traditionnel the au beurre sale. Je crois qu'avant d'arriver a leur stade de meditation, il me reste un sacre bout de chemin a faire!


La sante de tous est etonnemmant bonne de maniere generale, meme si Fabia se sent assez faible et accablee par le soleil. Au debut du trek, elle parvient peniblement au camp le soir. Mais avec des jours plus nuageux, et en reprenant un peu de force, elle se decide a finir le trek avec nous, et les derniers jours lui sont plus agreables. Une petite tourista est passee par Francois aussi en fin de trek, mais ca va mieux aussi. L'ambiance de notre groupe de 11 reste au beau fixe, et les soirees sous la tente sont parfois bien animees!


L'etape de Yaytak a Shade est tres belle et variee. D'un milieu de montagnes immenses, brutes et desertiques, on s'enfonce dans une plaine alluviale, dont la vegetation au milieu de cet immense desert rocailleux apaise. La montee dans la vallee de Shade, dernier village avant le passage des trois cols du trek est verte aussi. Irrigues par des canaux, les champs d'orge brillent et font des vagues sous le vent. Les horsemen nous pretent un cheval pour aller a la rencontre de Fabia, qui est restee en arriere avec Blaise. Cavaliere renommee, elle rentre au camp de Shade en triomphe sur son cheval, en passant a cote des 11 francais qui ont etablis leu camp au meme endroit. C'est d'ailleurs avec un seul autre petit groupe les seuls touristes qu'on a croise sur ce parcours.


Le village de Shade est tres joli et bien perdu. Ses habitants ont besoin de trois ou quatre jours de marche pour rejoindre une piste ou le premier village avec magasins et electricite. Les ecoliers vont d'ailleurs en internat, et ne rentrent souvent que pour les vacances. L'hiver, le village est totalement isole du reste du monde, la neige et le gel bouchent les rares acces.


Le contact avec nos horsemen se fait gentillement. Tinley est le plus age et le "leader". Il parle un peu l'anglais et il est tres sympa. Il prend les decisions avec nous et nous guide bien. Dordge est notre cuisinier, il baraguine quelques mots en anglais et nous fait des bons petits plats. Il a une infection dentaire qu'on essaye de soigner grace a la pharmacie elaboree de Baptiste. Dawa ne parle pas anglais, il s'occupe surtout des chevaux et a toujours le sourire au levres quand il nous sert le the.


Les trois cols a 4800, 4600 et 5150 m se sont succedes en deux jours. Toujours contents d'arriver en haut, nous recevons les fleurs que nos horsemen nous offrent comme le veut le tradition. Personne n'a eu le mal de montagne, grace a notre progressive acclimatation. Ces etapes etaient dures, mais leur duree est toujours restee raisonnable et on a pu chaque fois se reposer la fin d'apres-midi.Quel soulagement a chaque fois qu'on apercoit au loin la tente jaune formee par deux baches de nos horsemen, c'est le campement! Avant notre arrivee, ils ont eu le temps de s'installer, de decharger les chevaux, de les envoyer paitre et de d'allumer les rechauds. A pene arrives, on nous sert le the et des biscuits, suivi d'une bonne soupe chaude. Une fois nos tente montees, c'est repos et farniente jusqu'au souper. Le menu classique du soir est le dal (lentilles), riz et legumes en sauce. On se regale bien, mais les effets secondaires mal-odorants sous la tente au moment de se coucher sont inevitables!




Les deux derniers jours de trek sont tres aventureux. On marche en fond de vallee, vallee tres encaisee et le torrent au fond fait d'innombrables meandres. Les parois a gauche et a droite nous montrent leurs magnifiques nuances de couleurs jaune, ocre, beige, grises et plissements geologiques impressionnants. Des parois enormes et abruptes alternent avec d'immenses pierriers et des pentes de sable. La plaine alluviale au fond est parsemee de saules. Dans cette plaine, le chemin, quand il existe, est toujours du cote ou la riviere n'est pas, ce qui nous oblige a la traverser tres souvent. Pantalons retrousses, voire en slip, sandales aux pieds, on se cramponne a nos batons pour traverser.


On passe parfois par des zones plus larges ou il y a de plus grandes surfaces d'herbe. Des yaks et des dzo broutent paisiblement. Lorsqu'on passe devant les tentes des dhoksa (alpage... ou plutot himalayages), une sympathique conversation avec nos trois mots de ladakhi permet de nous faire servir du zho, leur bon yaourt frais.


Voila, nous sommes rentres a Padum, apres 9 jours loin de tout. On se repose et on prend des forces pour le prochain trek. J'espere que tout va bien en Suisse, en France, au Luxembourg, et a bientot pour de nouvelles aventures! Des bisous a tous et de tous!

Le grand Turk


P.S: Plein de photos d'Antoine sont en train d'etre envoyees sur la galerie du blog, allez voir:

http://www.zanskar-ladakh.ch/2008/07/galerie-de-photos.html

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